C’est une joie pour nous aujourd’hui que de recevoir Armand Gatti, homme de théâtre, poète, anarchiste constellaire.
Enfant du bidonville du “Tonkin”, à Beausoleil, déporté au camp de Lindermann en 1943, resistant et ami de toutes les résistances, des maquis de la Seconde guerre mondiale aux combats du Guatemala, de l’Irlande du Nord ou de la banlieue parisienne, ses textes bondissent en dehors des livres, ses pièces quittent la scène des théâtres pour habiter d’autres lieux, des espaces ouverts, sans spectateurs et sans ticket payant. Pas d’acteurs professionnels pour ce théâtre, mais des hommes et des femmes qui cherchent à offrir aux mots et par là-même à leur existence une autre pente que celle du pouvoir et de la société marchande. Un espace temps pour une réappropriation du langage par ceux que le pouvoir appelle les "exclus".
La pratique collective de cette lutte armée par le langage suppose des lieux, et la Parole errante, la Maison de l’arbre sont de tels lieux : de théâtre, d’écriture, de délibération, de joutes, d’expositions, de passages, de manifestes, de réunions politiques ...
La parole errante est bien entendu le titre d’un texte d’Armand Gatti. Mais c’est aussi un lieu, une zone d’attractions, de rencontres, d’interférences ... Une constellations où se relient Jean Vilar, Piscator, Mao-Tsé-Toung, Saccho et Vanzetti, Jean Cavaillès, Antonio Gramsci, la physique quantique, la révolution, l’insurrection du hasard et le Livre des transformations.
La Parole errante comme zone d’attraction : à la fois poème, lieu et partage d’imaginaire : c’est entre autres de tout cela que nous dialoguerons aujourd’hui.









