Avec nos deux invités venus de Bologne, Giusi Lamare et Salvatore Panu, ce n’est pas le sombre tableau de l’Italie de Berlusconi que nous dresserons aujourd’hui. Plutôt que de faire le constat, sur un ton désabusé, que la domination domine, que tout est foutu d’avance, nous évoquerons des fragments de résistance expérimentés au quotidien. Même s’ils n’aiment pas les étiquettes, Salvatore et Giusi se définissent volontiers comme chercheurs troubadours, flâneurs glanant de nouvelles formes de pensée et d’action. Pour eux, la musique populaire, de la tarentelle au rap, est toujours une prise de parole des gens de l’ombre, pour parler comme leur ami Georges Lapassade. Les rythmes et les mélodies qu’ils jouent ne sont pas dissociables de leurs implications politiques, que ce soit leur participation au squat XM 24 à Bologne, aux festivités accompagnant le souvenir du 7 novembre 1944, à des expériences d’économie alternative, ... la liste est longue ... de leurs dérives congruentes. Ainsi, c’est tout un regard, particulièrement aiguisé, sur les possibilités, sur les formes et les pratiques actuelles de résistance qu’ils nous apporteront aujourd’hui.









