Les états modifiés de conscience regroupent un certain nombre d’ »états seconds » au cours desquels le sujet vit une modification plus ou moins profonde de son état ordinaire de conscience, de sa perception de l’espace, du temps et de sa propre identité. Cette modification peut se produire par l’effet d’une induction hypnotique, par la consommation de drogues, par la pratique du yoga, de la méditation zen. Elles surgissent dans la foule, dans l’émeute, une révolution ; provoquées par le culte du vaudoo, un concert de rock, une séance de psychanalyse ou de bio énergie. De nombreuses sociétés cultivent ces états qu’elles produisent par des éthnométhodes pour marquer certaines circonstances importantes de la vie quotidienne. Mais la civilisation occidentale à tendance à les ignorer, à les classer parmi les états anormaux ou paranormaux. Georges Lapassade a étudié les cultes de possession brésiliens, comme la macumba ou le camdombe, les transes rituelles au magreb, le stambali en Tunisie, les gnawas au Maroc, la tarentelle de l’Italie du Sud. L’attirance de Georges Lapassade pour les rituels, la transe et les rites de possession est indissociable de son intérêt pour les réprouvés et les exclus. À travers les rites de possession, Georges Lapassade montre comment en ritualisant la possession, une dissociation pathologique au départ peut être, au terme d’une initiation, une ressource. Quand les thérapeutes occidentaux sont confrontés à des troubles de ce type, il s’efforcent de mettre fin à la dissociation en travaillant à la réunification de la personne, alors que les guérisseurs des sociétés à possession ritualisée choisissent au contraire de maîtriser la dissociation par son instrumentalisation. Cette exploration permet à Georges Lapassade de produire « sa conversion » ! : retourner la dissociation en un concept positif et, ce faisant, lutter contre le mythe du sujet unique et unifié.









