"Jeudi noir" : ces deux mots renvoient bien évidemment au jeudi 24 octobre 1929, point de départ de la crise qui ébranla le capitalisme dans les années 30, avec les conséquences que l’on sait. Mais aujourd’hui encore, toutes les semaines en France, il y a un autre jeudi noir : celui de la sortie du "Particulier à particulier", début de la course infernale que connaissant les candidats au logement. Loyers de plus en plus délirants pour des surfaces de plus en plus exiguës et à la salubrité douteuse, garanties de plus en plus impossibles exigées par les bailleurs, espaces habitables et pourtant vides depuis des années alors que de nombreuses personnes sont jetées à la rue ... C’est pour interpeller, rendre visible ces aberrations du néolibéralisme urbain que le collectif Jeudi noir a été fondé en 2006. Sur le terrain de la lutte pour le logement, pour le droit à la ville, il a initié de nouveaux modes d’actions, de nouvelles formes d’interpellation et de résistance, non sans une certaine et efficiente ironie. En appui à cette pratique, il vient de publier un "Petit livre noir du logement", ouvrage de contre-expertise, reposant sur des récits de vie et des analyses, et qui vient nous parler avec des mots simples de problèmes dans lesquels nous sommes tous, nous autres, impliqués. Les nouvelles formes de lutte pour la réquisition de l’espace urbain seront donc au coeur de la discussion d’aujourd’hui.









