Tache difficile pour une historienne que de faire entendre dans les archives, la voix, le son de ceux que l’on n’entend pas. C’est au confins de la musique et de la linguistique qu’elle situe son enquête.
A travers les voix du XVIIIème siècle, Arlette Farge fait résonner l’archive, et la libère de la belle forme du discours savant. Mais le but n’est pas seulement d’écrire une histoire aux marges de la science sociale académique. Parler de l’oralité au siècle des Lumières, c’est d’abord parler du peuple. Il y a les voix dont on prétend qu’elle n’articulent rien au-delà de la confusion des cohues populaires. Des voix que l’on tait en les faisant passer pour des bruits.
Notre discussion sera donc également l’occasion d’interroger cette division, ce partage entre ceux qui parlent et ceux qui sont parlés.









