Toutes les émissions

25-06-10 Michel Authier
De l’analyse institutionnelle aux arbres de connaissances


11-05-10 René Scherer
Autour de Georges Lapassade


14-05-10 Groupe Théâtre de l’Opprimé
Passages à l’acte de la pensée


30-04-10 Juan Carlos Cáceres
Histoire sociale et politique du tango (en musique !)


16-04-10 Marcello Vitali Rosati
Autour de Fabrizio De André


02-04-10 Coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France
Des lieux pour habiter le monde ...


19-03-10 Yves Citton
Mythocraties et imaginaires critiques


19-02-10 et 05-03-10
Puissances du communisme


05-02-10 Arlette Farge
Pour une histoire des voix


22-01-10 Patrick Coupechoux
La souffrance des opprimés


08-01-10 François Cusset
Autour des Années d’hiver


27-11-09 Collectif Jeudi Noir
Du droit au logement


13-11-09 Jacques Rancière
Une révolte logique


30-10-09 Giusi Lamare et Salvatore Panu
Des espaces de résistance en Italie


16-10-09 Julien Servois
Le cinéma pornographique


10-07-09 Renato Curcio
"Sensibili alle foglie"


26-06-09 Alain Badiou
L’hypothèse communiste


15-05-2009 Remi Hess
Henri Lefebvre et la théorie des moments


01-05-2009 Christiane Henry
Mp4 : de la parole politique dans le champ social


17-04-09 Armand Gatti
De la parole errante comme zone d’attraction


03-04-2009 Malek Bouyahia et Maria Eleonora Sanna
Le voile : enjeux politiques


20- 03-09 Françoise Attiba, Serge Klopp, Loriane Brunesseaux
Mouvement pour la psychiatrie


6-01-09 René Schérer
Pour un nouvel anarchisme


09-01-09 Jacques Rancière
Le spectateur émancipé


23-01-09 Aurélien Blanchard et Jérôme Vidal
La RILI, un an après


20-01-09 Spéciale Radio libertaire :
Le contre terrorisme comme mode de gouvernement


12-12-08 Michael Löwy
Kafka et le socialisme libertaire


28-11-08 Armando Zambrano
Politiques et éducation en Colombie


14-11-08 Olivier Schefer
Romantisme et somnambulisme


31-11-08 J.P Faye et M. Cohen-Halimi
La face cachée du nihilisme


17-10-08 Georges Lapassade II.
Des rites de possession au rap


3-10-08 Georges Lapassade I.
De l’entrée dans la vie au living theatre


Zones d’attraction

La face cachée du nihilisme

31-11-08 J.P Faye et M. Cohen-Halimi

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2ème partie...

Véritable zone d’attraction que le nihilisme. Notion flottante mais familière et ô combien agissante au coeur de notre présent. L’histoire de cette notion semble méconnue, mais son usage s’est installé durablement dans la philosophie académique contemporaine, la plupart du temps pour décrire, de manière plus ou moins euphémisée, la chute, la décadence dont les sociétés et la pensée moderne seraient porteuses. Face à cette confusion des langages, nos deux invités, Jean-Pierre Faye et Michèle Cohen-Halimi, ont justement choisi d’explorer « L’histoire cachée du nihilisme", chacun avec la partition qui lui est propre. Pour commencer, la partition de Michèle Cohen-Halimi fait débuter cette histoire cachée pendant la Révolution française. C’est alors qu’Anarchis Cloots, député allemand à la Convention, donne une définition positive de la république des droits de l’homme comme république nihiliste. Puis, vers 1800, sous une forme nettement accusatoire, Jacobi dénonce comme nihilisme un prétendu athéisme de Fichte et de la pensée de Kant, l’abstraction et le caractère négateur de toutes choses par le rationalisme. Ensuite, le concept voyage, et nous voyageons avec lui pour nous retrouver au coeur de l’anarchisme et de la littérature russes du XIXème siècle, au coeur de la constellation fréquentée par Bakounine et Dostoïevski, de l’action directe et négatrice de Netchaïev à la tragédie du nihilisme mise en scène par le roman métaphysique. Après cette traversée de l’action politique révolutionnaire et de la littérature, c’est Nietzsche que nous rencontrons pour une étape ultime. Nietzsche qui tente de dissocier différentes formes de nihilisme, passifs et actifs, allant jusqu’à se caractériser lui-même comme "le premier nihiliste parfait de l’Europe", avec la polyphonie qui caractérise son oeuvre. Polyphonie niée furieusement par Heidegger. C’est ici qu’intervient la partition de Jean-Pierre Faye : celui-ci montre le faux-sens dans lequel Heidegger embarque l’oeuvre nietzschéenne :cette prétendue chute de la pensée hors de l’être, incarnée pour lui par la métaphysique occidentale dans son ensemble, métaphysique dont le nihilisme, nous dit Heidegger, serait l’essence. Faye rappelle dans quelle tragi-comédie cette accusation trouva place, au coeur de débats au sein du parti nazi. Si nous avons eu envie de discuter aujourd’hui avec Jean-Pierre Faye et Michèle Cohen-Halimi, c’est que leur livre fait parler et résonner les faits historiques, qu’il ouvre le chantier d’une philosophie expérimentale attentive à la performativité, à la force de frappe des concepts, aux histoires, à toute la littérature refoulée qui se glisse sous la théorie la plus acceptée.