2ème partie (avec José Soeiro)
Inventé dans les années 60 au Brésil, aux temps de la lutte populaire contre la dictature, le théâtre de l’opprimé a pu être défini par son initiateur, Augusto Boal, comme une “répétition de la révolution”. Depuis 50 ans, il a suscité de nombreuses appropriations, non seulement en Amérique latine, mais également en Europe, en Asie, en Afrique, aussi bien en milieu ouvert qu’en institutions, tant par des professionnels du théâtre que par des travailleurs sociaux. Ses techniques et ses dispositifs se sont bien entendu développés, affinés en fonction des contextes et des temporalités, mais une même conviction semble constamment animer ses praticiens, celle d’un théâtre par lequel la frontière entre acteurs et spectateurs est subvertie, pour rendre possible une analyse collective de nos oppressions, de nos aliénations.
Boal aimait rappeler que “tout le monde peut faire du théâtre, même les acteurs”.
Et le théâtre de l’opprimé invente la figure d’un spect-acteur, qui investit la pièce qui se joue devant lui pour mettre au travail et performer ses implications politiques. C’est la force d’une mise en scène, d’un passage à l’acte de la pensée, qui produit ainsi l’analyse de nos aliénations, et qui nous invite à ouvrir la brèche pour une libération de nos imaginaires politiques.
Politique du théâtre et théâtre de la politique se rendent indissociables, et la pensée critique se trouve convoquée aux aventures de sa propre mise en scène.









